Interview N°9 : Maxime LE GARREC
Maxime Le Garrec a occupé de nombreuses fonctions au niveau fédéral. Il fut durant de nombreuses années le directeur de la Coupe de France. Il a bien voulu répondre ŕ quelques questions
joueurdechecs.com : pendant combien dannées tes-tu occupé de la Coupe de France ?
Maxime Le Garrec : en fait, jai commencé par diriger la Coupe de la Fédération, qui était la " consolante " de la Coupe de France, en 88-89 Puis, jai succédé ŕ mon ami Guy Langlois ŕ la direction de la Coupe de France. Lhéritage consistait en un paquet de fiches cartonnées ! Jai passé tout cela sur informatique, mais il y a 16 ans la technique nétait pas aussi performante que maintenant, et je me souviens de " plantages " terribles et de nuits blanches !
joueurdechecs.com : jimagine que ce nest pas une direction facile, avec son lot de soucis ŕ la mesure des enjeux liés ŕ cette compétition ! Y a t il eu beaucoup de litiges, de plaintes, de réclamations, de problčmes ?
Maxime Le Garrec : Il ny a eu que rarement des problčmes graves. Les principales difficultés avaient principalement 2 causes : La méconnaissance du rčglement (" on râle dabord, on lit le rčglement ensuite ") et le mécontentement dű ŕ la longueur du déplacement. Pour certains clubs, 100 km, cest le bout du monde alors que dautres préfčrent une distance plus longue afin de ne pas rencontrer les habituelles équipes voisines dinterclubs. Cest dailleurs souvent une des raisons des forfaits. Les forfaits posent des problčmes difficiles ŕ résoudre. Il est difficile ŕ distance de vérifier la véracité de lexcuse. Jai eu droit ŕ toutes les explications réelles ou imaginaires ! De lépouse qui a pris les clés de la voiture, ŕ la cueillette des olives au village ! Une chose, ma profondément peiné, la fausse feuille de match ! Un forfait est déjŕ un geste anti-sportif, mais lŕ on est au summum !
joueurdechecs.com : Lan dernier, jai été surpris quand tu as cessé doccuper cette fonction. Pourquoi avoir arręté ?
Maxime Le Garrec : Aprčs le changement déquipe dirigeante, ŕ la demande de Jean-Claude Moingt, javais décidé de continuer la Coupe de France. Je lui avais fait part ma façon de gérer la compétition. Dans mon optique, le directeur de compétition est bien évidemment sous les ordres du président (ou du DTN) qui en début de saison détermine les linéaments des actions et du but ŕ atteindre. Mais ensuite, sauf faute grave, lautorité na plus ŕ intervenir dans la gestion quotidienne. Cest ainsi que jai fonctionné pendant plus de 15 ans avec Jean-Claude Loubatičre, sans aucun problčme. Pour en revenir ŕ ma démission ; voici les faits. Une dizaine de jours avant les quarts et les demi-finales qui sont groupés sur un week-end, Le club dEvry me demande de reporter ces journées, arguant du fait que deux de ses joueurs étaient sélectionnés en équipe de France. Vu entre autre la proximité des rencontres et le fait que cela engageait 4 équipes, jai refusé. Pour moi cela ne constituait pas un cas de force majeure, Evry savait depuis longtemps que 2 joueurs étaient sélectionnés, et dautre part, jouer ŕ une autre date pouvait constituer un handicap pour les clubs adverses. Jai eu quelques échanges, courtois avec MM. Peyrin et Rivier, celui ci reconnaissant dans un mail que ma position était rčglementaire. Je croyais laffaire réglée, quand jai reçu un mail de Sylvain Rivier, mannonçant quen accord avec J-C Moingt, il avait décidé daccorder le report du match ŕ Evry. Dans ces conditions, nayant jamais été contacté directement par " lautorité ", je ne pouvais que démissionner devant ce coup de force. Pour ne pas polémiquer, je ne suis pas intervenu sur les discussions qui ont été faites sur divers forums. Jai simplement pris la précaution dexpédier ŕ deux membres du Comité directeur un double de tous les mčls que javais reçus ou expédiés avec consigne de les présenter si des propos inexacts étaient tenus.
joueurdechecs.com : Peux-tu en quelques mots nous faire partager quelques grands souvenirs liés ŕ la Coupe de France ?
Maxime Le Garrec : Jai beaucoup de souvenirs de la Coupe, je me souviens des accueils chaleureux de Marius Rollet ŕ Lyon et Oyonnax, des finales de Monaco et de Montpellier, de celle du Mans ou le résultat sest joué ŕ la moyenne dâge. Je noublierai pas non plus les dimanches soirs des premiers tours oů manger entre 2 coups de téléphone se révčle ętre un exploit. Dans la série des gags téléphoniques, il y a le célčbre On a gagné !!!! Mon correspondant raccrochant avant que je puisse lui demander quelques autres renseignements, me laissant dans lexpectative la plus complčte quant ŕ lidentité de lheureux club vainqueur.
joueurdechecs.com : Quel est le record de clubs participants ?
Maxime Le Garrec : Nous avons approché il y a quelques années les 400 clubs, mais la participation obligatoire avait été étendue aux Clubs de N4. Ces derničres années la participation variait autour de 300 clubs. Javais fait quelques propositions ŕ Jean-Claude, en particulier la baisse des droits dinscriptions. Sachant quenviron un tiers des clubs ne joue quun match, cela met pour le club éliminé la partie ŕ plus de 8.
joueurdechecs.com : Que penses-tu de la formule actuelle, par équipes de 4 ?
Maxime Le Garrec : Quatre joueurs, cest le bon chiffre pour une Coupe, Cela permet des résultats moins certains et cela ne fait quune voiture ŕ déplacer.
joueurdechecs.com : Pourquoi obliger les gros clubs ŕ participer ?
Maxime Le Garrec : Dans labsolu, une obligation nest pas une chose saine, mais pour limage de la fédération, il est important que la Coupe de France soit une réussite en qualité et en quantité. Demander ŕ un club de trouver 4 joueurs pour participer ŕ une compétition nest pas une obligation bien lourde. Jai męme ręvé que tous les clubs de la FFE soient inscrits en Coupe de France
Cétait bien un ręve.
joueurdechecs.com : Hormis la direction de la Coupe de France, quels sont les autres postes de haut niveau que tu as occupé au sein de la FFE en tant que bénévole ?
Maxime Le Garrec : Avant męme dętre président de la ligue de Bretagne en 1984, jai assisté aux conseils dadministration de la Fédération alors sous la présidence de Jacques Lambert. Les réunions se tenaient Quai de Grenelle, lambiance y était surprenante ! Aprčs le changement de statuts votés ŕ Belfort, Jai fait une brčve pause dans la vie fédérale, puis Jean-Claude Loubatičre ma demandé de, je cite, " sauter le pas. " Jai donc été élu en 2čme position lors de lAG de Strasbourg, puis en premičre position lors de la tragi-comique AG dAuxerre, ce qui ma valu dętre nommé Vice Président. Ce fut la période la plus noire de ma " carričre " échiquéenne. Ce sont des pénibles instants que je préfčre oublier. Aux élections suivantes, jai pris le secrétariat général, jusqu'ŕ mon départ lannée derničre. Javais demandé ŕ Christian Bernard de figurer en derničre position sur sa liste afin de montrer mon soutien, mais aussi ma volonté de retraite. Pour compléter mes activités, jai fait partie ŕ divers moment, de la commission technique et de la commission de discipline.
joueurdechecs.com : Tu étais lun des proches de Jean-Claude Loubatičre, que représentait la Coupe de France pour lui ?
Maxime Le Garrec : Jean Claude sintéressait ŕ la Coupe pour limage de la fédération. Cétait une compétition vitrine. La finale au Palais du Luxembourg avec généralement un plateau de vedettes terminait la saison en beauté. Pour le reste, il me faisait entičrement confiance et ne sen męlait pas.
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